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Indice de résilience de Savills Ski

La saison de ski 2024-25 s'est déroulée sous l'influence d'un épisode La Niña faible et tardif, un phénomène climatique généralement associé à des conditions plus fraîches et plus humides dans les latitudes septentrionales, et à un temps plus chaud et plus sec dans les zones méridionales.


Cette année, cependant, la situation globale était plus fragmentée. Si certaines régions ont bénéficié de chutes de neige sporadiques, d'autres ont dû faire face à des périodes de sécheresse prolongées et à des chutes de neige de plus en plus imprévisibles. Certaines régions, notamment le sud-ouest de la Suisse, ont connu d'excellentes saisons grâce à des températures inférieures à la normale. Dans l'ensemble, la saison 2024-2025 a été légèrement inférieure à la moyenne, le mois de janvier s’étant révélé particulièrement sec sur de nombreux marchés alpins clés.

Malgré ces défis, les cinq villes les plus performantes de l'indice de résilience (Vail, Zermatt, Val-d'Isère, Aspen et Breuil-Cervinia) démontrent toutes l'importance durable de l'altitude et des capacités de rétention de la neige. Chacune de ces stations est située en altitude, où les températures plus basses permettent de préserver le manteau neigeux et de prolonger la saison de ski. À une époque où le climat devient toujours plus instable, ces caractéristiques deviennent de plus en plus pertinentes. La capacité à maintenir un enneigement constant n'est plus seulement souhaitable, c'est une nécessité stratégique.

Les stations de basse altitude telles que Furano au Japon et Whistler Blackcomb au Canada ont connu des conditions d'enneigement favorables cette saison, mais leur résilience à long terme reste incertaine. Le réchauffement climatique commence à perturber la formation et la rétention de la neige, ce qui menace la viabilité à long terme de ces destinations pendant l'hiver. À moins que des mesures d'adaptation significatives ne soient mises en place, il faut s'attendre à un raccourcissement des saisons et à une diminution de la fiabilité de l'enneigement.

La saison de ski 2024-2025 a souligné l'importance croissante de l'altitude, de la position géographique et des capacités de rétention de la neige pour déterminer la résilience

Kelcie Sellers, Associate Director, World Research

Les stations situées sur des glaciers, telles que Chamonix, sont également soumises à une pression croissante. Le recul des glaciers, sous l'effet de la hausse des températures, est plus rapide que la restauration hivernale, ce qui expose ces stations au risque de descendre dans le classement à l'avenir.

L'Amérique du Nord a connu des changements notables dans l'indice. Mont Tremblant, au Canada a gagné 26 places pour atteindre la 17e position, une ascension remarquable compte tenu de son altitude relativement modeste. La station a enregistré des chutes de neige supérieures de 89 cm à la moyenne et a gagné cinq jours de neige supplémentaires, en particulier en décembre et en janvier. Cette performance souligne la possibilité pour les stations de basse altitude de dépasser les attentes dans de bonnes conditions, bien que de tels résultats soient de plus en plus rares. Aux Etats-Unis, Aspen et Vail ont continué à faire preuve d'une forte résilience. Vail s'est hissée à la première place mondiale, grâce à une saison de cinq mois, une altitude élevée et des chutes de neige régulières. Avec 724 cm de neige, la fiabilité et la constance de l'enneigement de Vail ont renforcé sa position de destination de ski la plus résistante selon l'indice de résilience de Savills.

Les stations suisses ont enregistré des résultats mitigés, mais les basses températures ont joué en faveur des stations de ski dans tout le pays. Zermatt a poursuivi son ascension et s'est hissée à la deuxième place. Son terrain de haute altitude et la possibilité de skier toute l'année, grâce au Matterhorn Glacial Paradise, lui confèrent une fiabilité inégalée. Au cours d'une saison où de nombreuses stations de basse altitude ont été confrontées à une incertitude croissante, la constance de Zermatt s'est démarquée malgré les difficultés rencontrées par d'autres destinations suisses. Saint-Moritz, Davos et Gstaad ont toutes connu des baisses significatives. Gstaad, en particulier, a perdu 35 places en raison d'une baisse spectaculaire des chutes de neige, qui sont passées de 1 100 centimètres à 335 centimètres seulement. Bien que ce chiffre reste respectable par rapport à d'autres stations européennes, cette volatilité met en évidence la vulnérabilité de Gstaad. Sa situation géographique, à la lisière nord des Alpes, limite son exposition à divers systèmes de tempêtes de neige, ce qui la rend plus sensible aux variations climatiques.

Les performances de l'Italie ont été marquées à la fois par des promesses et des inquiétudes. Breuil-Cervinia s'est maintenue à la cinquième place, grâce à son altitude élevée et à son terrain glaciaire. Elle a toutefois perdu sa première place en raison de chutes de neige moins importantes que lors de la saison précédente, qui avait battu tous les records. À l'approche des Jeux olympiques d'hiver de 2026, l'attention se porte sur Cortina d'Ampezzo. Si l'enneigement devrait être suffisant pour les jeux, les perspectives à long terme sont plus incertaines. L'enneigement naturel dans les Dolomites diminue régulièrement et de nombreuses stations italiennes dépendent de plus en plus de l'enneigement artificiel. L'altitude moyenne de Cortina et la fiabilité modérée de ses chutes de neige la placent dans la tranche intermédiaire de l'indice de résilience, ce qui soulève des questions quant à sa viabilité à long terme au-delà de l'attention médiatique suscitée par les Jeux olympiques.

Les stations de ski autrichiennes ont connu une saison difficile. Des températures plus élevées que la normale et une fréquence réduite des tempêtes de neige provenant de l'Atlantique et atteignant l'intérieur des terres ont entraîné une baisse des niveaux de neige dans les principales destinations. Ischgl, Obergurgl, Zell am See et Saalbach perdent respectivement 17, 10, 15 et 17 places. Malgré les taux de rétention de neige traditionnellement élevés en Autriche, le manque de neige fraîche s'est avéré déterminant. Par rapport à d'autres marchés européens, le déclin a été plus prononcé, ce qui met en évidence la vulnérabilité de l'Autriche aux changements climatiques et sa dépendance à l'égard des flux atlantiques constants.

En revanche, les stations françaises ont connu une bonne saison, en particulier celle situées en altitude. a strong season, particularly those situated at higher altitudes. Val Thorens, La Plagne et Tignes se classent respectivement septième, neuvième et dixième, ces stations ayant bénéficié d'importantes chutes de neige en fin de saison grâce au refroidissement par évaporation. Elles ont tiré parti de leurs avantages géographiques (pistes exposées au nord et position centrale dans les Alpes) pour exploiter un large éventail de systèmes neigeux. Val d'Isère s'est distinguée en se hissant dans le trio de tête avec une chute de neige remarquable de 934 centimètres. Ce résultat a été renforcé par l'une des tempêtes de neige les plus intenses de l'histoire récente en avril. Son altitude élevée, son terrain glaciaire et ses températures constamment froides ont renforcé sa résistance et sa viabilité à long terme.

La ville japonaise de Niseko a fortement rebondi, et a gagné 23 places dans le classement. Malgré son altitude relativement faible, la station a bénéficié d'une saison de poudreuse exceptionnelle au début de l'année, grâce aux masses d'air froid sibérien qui ont traversé la mer du Japon. Cependant, la hausse des températures océaniques et les changements climatiques mondiaux commencent à avoir une incidence sur les régimes de chutes de neige. La résilience future de Niseko pourrait être compromise si ces tendances se poursuivent, notamment en raison de sa vulnérabilité aux conditions météorologiques irrégulières et de sa faible altitude.

Les stations scandinaves, qui comptent parmi les destinations les plus basses d'Europe, sont restées relativement stables dans le classement. Geilo, en Norvège, a gagné une place pour atteindre le 19e rang, ce qui montre que l'altitude n'est pas le seul facteur déterminant de la résilience. Dans ce cas, la latitude nord joue un rôle essentiel. Geilo se trouve juste en dessous du cercle polaire arctique, à 60 degrés nord, où règnent des conditions exceptionnellement froides. Ces conditions s'intensifient souvent lorsque le courant-jet polaire se déplace vers le sud, permettant à l'air plus froid provenant du vortex polaire de pénétrer plus profondément en Scandinavie. Cette dynamique favorise la rétention de neige et assure des températures basses durables, ce qui renforce la résilience de ces stations nordiques.

La saison de ski 2024-2025 a mis en évidence l'importance croissante de l'altitude, de la position géographique et des capacités de rétention de neige pour déterminer la résilience des stations. Si certaines destinations ont profité de conditions favorables et d'avantages stratégiques, d'autres ont dû faire face à la diminution des chutes de neige et à l'augmentation de la volatilité climatique. À l'avenir, la capacité à s'adapter aux changements climatiques et à investir dans des infrastructures durables sera essentielle pour maintenir la viabilité à long terme du secteur. L'indice de résilience reste un outil essentiel pour comprendre quelles stations sont les mieux placées pour prospérer dans un paysage climatique de plus en plus imprévisible.



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